Et si on stoppait le mode pompier pour s’inspirer vraiment du sapeur-pompier ?

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La caserne dans une métropole du grand Sud, avec ses véhicules rutilants et ses sapeurs-pompiers prêts à intervenir ; une atmosphère pourtant sereine règne, tout semble tellement sous contrôle, tous semblent tellement prêts.

A l’heure où la compétence « Savoir gérer ses priorités » fait des adeptes, l’organisation sans faille révélée par un sapeur-pompier peut offrir quelques transpositions pour des équipes en entreprise.

Tout d’abord la gestion et la transmission de la connaissance y est parfaitement organisée : un exemple de 5S parfait ! Chacun saura retrouver ce qui a été placé et consigné par ses homologues. Le rythme avec alternance de journées, nuits, week-ends renforce la nécessité de gagner du temps de transition dans les rotations, et tout est rangé après avoir été dérangé. Par exemple, dès qu’un nouvel établissement ou édifice est recensé sur le territoire géré, il est visité par des experts et documenté de façon détaillée au niveau du guide d’intervention. Un peu comme si on pensait utile d’investir du temps en entreprise pour connaître de façon approfondie ses interlocuteurs, quelle idée saugrenue ?

Ensuite le retour d’expérience y est exemplaire. Les réunions « RETEX » -pour RETours d’Expériences- sont organisées avec les sapeurs-pompiers présents lors de l’intervention et avec ceux qui n’y étaient pas. Une remise à plat est proposée : ce qui a été fait (avec l’expérience de ceux qui étaient sur le terrain), ce qui aurait pu être fait (avec les regards extérieurs des « absents » de l’intervention), ce qui pourrait être fait la prochaine fois à situation analogue (avec la contribution de tous). Avons-nous plutôt des équipes qui savent se poser pour évaluer et partager les bonnes pratiques, tout en développant la co-résolution de problèmes, ou des organisations qui se précipitent sur le projet suivant dès que le projet sortant est terminé ? Malheureusement, bien souvent, le second cas est dominant.

Enfin, la gestion des priorités en cas de crise est prévue ; c’est justement parce qu’il faudra agir vite que des codes d’urgence sont clairement établis et lisibles par tous les intervenants pendant l’opération : du vert, du jaune, du rouge et du noir. Les « impliqués » Et si on mettait des étiquettes de couleur sur nos dossiers physiques ou emails en fonction de leur urgence ? Vous savez, un peu comme les couleurs et les drapeaux présents dans Outlook …

Plutôt que de faire le pompier dans notre gestion des priorités, si on passait au mode d’organisation sapeurs-pompiers pour affronter les urgences ?